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Sésamath est très heureux de relayer l'action de cette association efficace, ouverte et sympathique, association avec qui elle travaille depuis quelques temps :
www.manuels-sans-frontieres.org
Cette histoire démarre au début des années 2000. Nathalie et Olivier, les "africains blancs" de l'équipe, effectuent plusieurs séjours au Burkina-Faso. C'est ainsi qu'ils rencontrent Sylvain, un burkinabè qui gagne sa vie en tenant un télécentre de Ouagadougou et se démène pour le développement de Komsilga, son village situé dans la brousse. Durant l'été 2002, une association finance un séjour de Sylvain en France, pour régler un dossier d'adoption. Ses amis lui font visiter le Béarn. Lors d'une soirée, Sylvain raconte sa vie au Burkina, les difficultés de son village, la faible scolarisation d'enfants dont les parents se battent quotidiennement pour survivre. Le groupe est ému. "Il faut faire quelques chose !" Qui n'a jamais eu cette réflexion ? Mais que faire lorsqu'on est enseignant, et qu'on ne sait que transmettre son savoir ? On peut aider d'autres enseignants à participer à cette clé du développement !
De nombreux courriers électroniques sont échangés, en France, au Burkina, entre les deux pays. Dans un premier temps, des manuels inutilisés sont récupérés dans des établissements scolaires, et expédiés par système "D" (c'est-à-dire dans des containers, des véhicules, et même dans des congélateurs !). Mais le transport est coûteux et les manuels français ne sont pas toujours adaptés.
La solution est ailleurs : il faut éditer des manuels spécialement conçus pour l'enseignement en Afrique. Quelques mois plus tard, Nathalie, Jacques, Daniel, Olivier, Jacques, Philippe, Sandrine, Maryse et Patrick se réunissent dans la salle du conseil de la Mairie d'Artiguelouve et fondent l'association Manuels sans frontières. Les premiers manuels d'alphabétisation et de physique-chimie de l'eau sont édités. Même si ces ouvrages sont plus légers que les livres du commerce, leur transport est compliqué. Il faut aller plus loin : si l'on veut éviter le coût du transport tout en participant au développement économique local, il faut imprimer au Burkina. Quelques soirées africaines plus tard, Olivier retourne à Ouagadougou, un photocopieur sous le bras, et aide Sylvain à ouvrir la première micro-imprimerie de Manuels sans frontières. Entre temps, des liens sont tissés. L'équipe est rejointe par Ely, le malien, Mohamed, le comorien et Joëlle, la marocaine. Des partenariats sont établis avec d'autres structures, comme Sésamath. Des manuels sans frontières "made in France" et "made in Burkina" sont distribués dans une dizaine de pays africains.
L'association connaît des succès, des échecs, beaucoup de rencontres, quelques déceptions, et toujours la même certitude partagée : l'avenir des pays en développement passe par l'éducation et l'alphabétisation.